Les Cahiers de Makokou

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7 résultats trouvés pour Benga NDJEME

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Sujet: La symbolique des "Pierres" chez RILKE
Benga NDJEME

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Rechercher dans: Mon 2e forum   Sujet: La symbolique des "Pierres" chez RILKE    Ven 23 Jan - 5:25
Pierre, Basalte, Gravier... Or, Rubis!


Tels sont les éléments que Rainer Maria RILKE invite pour l'aider à conjurer la Pauvreté et la Mort.

La "dureté", l'opacité, la rugosité, l'éclat constituent dès lors des compagnons à part entière d'un Etare dont l'existence est prise en otage entre le besoin de modernité (les grandes villes) et le souci de dignité (fructifier la précarité, se familiariser à sa propre mort).

Aller à la "Pierre", c'est d'abord s'inviter à accepter sa condition. On est comme on naît. L'innocence de l'enfant et de la bête semblent avoir plus de densité que la recherche d'artifices qui tourmente l'Homme à tous égards.

Peut-être même qu'on naît comme on est.
Condamné à (la) Mort. Etre pour la Mort. L'Homme se perd en cherchant à échapper à ce rendez-vous immanquable, qui conditionne toute son existence.

Son humanité, sa grandeur, sa prospérité ont donc pour source l'attente joyeuse de la Mort. De sa propre mort. Et non de la Mort des autres: guerres, attentats-suicides, paupérisation.

La pensée de RILKE n'a jamais été aussi moderne qu'au moment où la Finance mondiale chavire des millions de Pauvres sur les plages des bidonvilles d'Afrique, d'Asie, d'Amérique Latine.

La comparaison, la convocation de l'Or, du Rubis, du Basalte expriment donc un besoin de fortification de l'Homme face à ses appétits démesurés. Au point de ne plus se reconnaître lui-même.

Les Pauvres ne savent plus ce que c'est qu'être pauvre. Que dire des Riches, dont la puissance n'évoque plus qu'arrogance et vains appétits de puissance?

On pourrait presque dire, le Pauvre et le Riche s'envolent, la Pierre demeure.


RILKE invoque ainsi le besoin profond qu'exprime l'Homme pour reconquérir l'éclat qu'il reçut de la Nature à sa naissance. Pour faire de la Mort le couronnement de son existence, les noces de sa propre vie.

Et pourquoi pas l'inscrire, dès sa naissance, à l'éternité!

(R.M. RILKE, Le Livre de la Pauvreté et de la Mort )
Sujet: DU CONTENU DES INTITULES DES MINISTERES AU GABON
Benga NDJEME

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Rechercher dans: Mon 2e forum   Sujet: DU CONTENU DES INTITULES DES MINISTERES AU GABON    Sam 17 Jan - 5:46

Au fil des ans, des remaniements et autres changements de gouvernement, les intitulés des ministères ne cessent de surprendre. Outre la curiosité qui entoure leur formulation, il est manifeste de constater qu'ils se ressemblent les uns les autres, de telle manière qu'une lecture attentive peut conduire à penser qu'il existe réellement une vingtaine de départements ministériels au sein du Gouvernement de la République. Le nouveau Cabinet dit "d'ouverture" ou "de mission" ne déroge pas à cette pratique, qui enrichit ce Paradoxe gabonais que certains considèrent comme une "singularité". Nous avons regroupé ces intitulés surprenants en un certain nombre de secteurs et de domaines d'action, dont la Nation a tant besoin et qui épargnent à l'Etat d'engager des charges supplémentaires et inutiles au moment où la paupérisation tient à la gorge les segments les plus vulnérables de la Société gabonaise.

1-La Défense nationale
2-La Sécurité intérieure et Emi-Immigration
3-Les Affaires Etrangères et Africaines
4-L'Environnement et le Développement durable
5-La Santé Publique, les Sports et la Jeunesse
6-L'Energie et les mines
7-L'Economie et les Finances
8-L'Agriculture et l'Elevage
9-La Justice et les Droits de l'Homme
10-Le Travail et les Affaires sociales
11-Les Travaux publics
12-L'Habitat et l'Urbanisme
13-L'Education nationale et l'Enseignement préscolaire
14-L'Enseignement Supérieur , les Nouvelles technologies et la Recherche scientifique
15-Les Transports et les Affaires maritimes
16-La Fonction publique
17-Le Commerce, les Industries et l'Artisanat
18-La Communication et les Nouvelles technologies de l'Information
19-La Luttre contre l'Enrichissement illicite et les audits
20-Le Premier ministre, chef du Gouvernement.

Tel est notre modèle de "Gouvernement de Mission".
Sujet: L'OGIVIN
Benga NDJEME

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Rechercher dans: Mon 2e forum   Sujet: L'OGIVIN    Dim 22 Juil - 19:09
L’Ogivin

Il porte son essaim de fer au cou tel un grelot
Le bruit de ces bijoux qui pendent comme un goitre
Et sonnent creux l’empêche d’entendre le matelot
Qui chante à coup de pagaie sur des eaux folâtres.

L’Ogivin semble donc entendre des hués partout
Préfère ses bijoux sonnants aux chants des cigales
Mais quand au clair de lune miaule un vieux matou
Ses cils se dressent comme les poils d’une mygale.

Et en entrant dans sa case en écorce de Mbizo
Ivre de beaux discours et des baisers des pierres
Il n’est plus apte à s’admirer en s’exclamant « Pizo » !
Ce bras droit qu’il lève au Ciel n’est qu’une prière;

Sur sa natte froide où patrouillent des acariens
Il se recroqueville dos tourné à la ville
En appréciant les morsures de ses gardiens
De lit qui aiment vider de sang les chairs serviles.

Il porte son essaim de fer au cou tel un grelot
Et les abeilles succombent à la supercherie
De ce marchand de pierres qu’on paie en bibelots
Et faux titres de ministre ou de planton de mairie!

Ogivin, mon frère, que ferons-nous demain matin
A l’heure où le brouillard épais féconde nos fleuves ?
Où recevrons-nous nos amis qui parlent mandarin
Dans des cases en pisé ou dans des maisons neuves ?


Benga NDJEME[/size][center]
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Sujet: DU MANDAT DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Benga NDJEME

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Rechercher dans: Mon 2e forum   Sujet: DU MANDAT DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE    Mer 18 Juil - 15:47
Remarques sur le mandat du président de la République à travers la Constitution du Gabon

INTRODUCTION

La principale différence entre Monarchie et République réside dans le principe de limitation du mandat du chef de l’Etat. Si le monarque est par essence et par naissance élu à la fonction suprême, le président de la République est désigné, au suffrage universel, par ses concitoyens pour une durée bien définie. Il est, comme d’autres institutions constitutionnelles, soumis au principe de l’alternance. Et l’alternance au pouvoir est le terreau fertile des valeurs démocratiques. Elle sous-tend les principes d’égalité et d’universalité des citoyens. Le changement de dirigeant à la tête de l’Etat est, chacun le sait, le gage d’une saine compétition pour l’accession au pouvoir car il rend illicite toute tentative d’accession aux responsabilités politiques par l’usage de la force. En somme, la définition claire et précise du mandat du président dans une République est le premier facteur de stabilité et de paix internes ; à court, moyen et long termes. Or, tel ne semble pas être le cas du Gabon. En effet, aux termes de l’article 9 de la Constitution du 26 mars 1991, « le président de la République est élu pour sept (7) ans au suffrage universel direct. Il est rééligible » (Loi constitutionnelle L 13/2003 du 19 août 2003). Cette formule est située aux antipodes des modèles français et américain dont le régime gabonais se rapproche, puisqu’il est à la fois semi-parlementaire et semi-présidentiel. En France, la loi constitutionnelle 2000-64 du 2 octobre 2000 réduit le mandat du président de la République à cinq (5) ans. Et même si la question du renouvellement du mandat n’est pas tranchée dans la Constitution, la vie politique française dispose de deux balises actives que sont l’honneur et la responsabilité. L’usage sous le régime dit de la « Ve République » n’a jamais permis au chef de l’Etat sortant de solliciter plus de deux mandats. Aux Etats-Unis, l’article II de la Constitution du 17 septembre 1787 fixe également les termes du mandat du chef de l'Etat et du gouvernement. Le président des Etats-Unis d’Amérique reste « en fonction pendant une période de quatre ans » (Ferdinand MELIN-SOUCRAMANIEN, Les grandes démocraties, Armand Colin, Dalloz, 2005, Paris, p.10). Laquelle période est renouvelée une fois, pour atteindre un maximum de huit ans de mandature au bénéfice de l’homme le plus puissant de la planète. Hormis le cas exceptionnel de Franklin Delano Roosevelt qui a bénéficié d'un quadruple mandat, Ronald Reagan et William Jefferson Clinton, au sommet de leur gloire n’ont pu déroger à cette règle. D’où vient donc la spécificité du système politique gabonais pour que le pouvoir suprême soit dévolu à un homme sans prévoir de gardes-fou institutionnels ou éthiques ? C’est pour répondre à cette question, que je me propose d’examiner successivement les raisons du rejet de l’alternance au pouvoir (I) et les blocages au processus de démocratisation (II), que cette mentalité entraîne.

I- Les raisons du rejet de l’alternance au pouvoir

Un certain nombre de dictons lève le voile sur la psychologie et la sociologie des populations gabonaises. Ne dit-on pas que tout peuple a les dirigeants qu’il mérite ? Dans la plupart des langues du Gabon, il n’est pas rare d’entendre des équivalents de l’aphorisme populaire « on sait qui on perd ; on ne sait pas qui on gagne ». Ou encore, plus récemment, « on ne mange pas la paix, mais sans la paix il est impossible de manger ». Ces deux propos popularisés traduisent le mythe d’ « après Lui, le déluge » (A). Il s’agit donc d’un argument essentialiste savamment vendu à des populations maintenues dans l’indigence matérielle et culturelle. La connivence entre le Législateur, censé représenter la Nation, l’Exécutif et le Judiciaire qui a vocation à protéger les droits individuels, démontre qu’il se forme un système oligarchique au Gabon (B).

A)- Le savant mythe d’ « après Lui, le déluge »

Une parole prononcée par un illustre monarque révèle que ce dernier prédit le malheur de son peuple au terme de son règne : « Après moi, le déluge ! »(propos prêtés à Louis XV). Cette vision apocalyptique du fatum des Gabonais semble habiter le peuple, à qui les responsables politiques font croire qu’il y aurait un être pré-fabriqué pour gouverner le Gabon. Cette idée est entretenue par tous les courtisans qui grouillent dans la galaxie présidentielle en raison d’énormes avantages qu’ils protègent et voudraient voir prospérer à perpétuité. Il s’agit, en réalité, d’un mythe. Aucun homme n’est formaté pour présider aux destinées du Gabon. Nul n’est indispensable. Aussi vrai qu’il est avéré que l’accumulation des diplômes scolaires et universitaires ne suffit pas à faire d’une personne un éminent responsable politique, on ne saurait croire qu’il y en ait qui soient pré-destinés à la fonction la plus prestigieuse de l’Etat. Il n’existe d’ailleurs aucune école où l’on apprend à être président de la République dans un pays d’à peine un million d’habitants (l’équivalent de la population de Yaoundé au Cameroun). Même s’il faut reconnaître que la succession du premier président du Gabon s’est faite dans une transition sans couture, il convient aussi d’admettre que la poursuite normale du jeu de l’alternance au pouvoir ne menacerait en rien la stabilité et l’équilibre du pays. Le fonctionnement régulier des institutions constitutionnelles l’exige d’ailleurs. Je perçois, dans ces machinations de la classe gouvernante dans son ensemble, un complot ourdi contre la Nation. Une œuvre d’abêtissement forcé visant à maintenir la Majorité dans les ténèbres et la mendicité. Le résultat est sans appel car il n’y a plus d’espérance. Excepté dans l’abandon de sa liberté tout entière entre des mains peu rassurantes et décidées à étreindre le pouvoir jusqu’à étouffement. Et le fait que les institutions chargées de garantir les droits des citoyens et de représenter la Nation se rendent complice de cette confiscation du pouvoir est l’indice patent d’un système oligarchique.

B)- L’implantation d’un système oligarchique

Les systèmes d’organisation et d’exercice du pouvoir sont de différents types. En dehors de la démocratie, qui se revendique comme le pouvoir du plus grand nombre à travers des représentants régulièrement et clairement élus, il y en a d’autres caractérisés par la domination d’un seul homme ou d’un petit groupe. Comme le Gabon n’est pas- encore -une monarchie, il présente plutôt le visage d’un système oligarchique. Un groupe restreint d’individus s’est accaparé du pouvoir au détriment du Peuple. Comme dans une scène de théâtre, beaucoup de figurants côtoient les acteurs. Ce qui a le mérite d’entretenir l’illusion d’une ouverture ou d’un renouvellement des équipes. L’un des verrous du système ainsi créé est l’élévation à 40 ans de l’âge de candidature à la présidence de la République. Une disposition contraire au code électoral, qui reconnaît la majorité civile à 18 ans. L’article 10-6 de la Constitution traduit également le recul dans les droits individuels et l’épanouissement des institutions. La législation constitutionnelle était nettement plus avancée en 1967, puis que le chef de l’Etat est arrivé au pouvoir à 32 ans. Dans le même ordre d’idées, les grandes démocraties qui nous servent de repères tels la France et les Etats-Unis élisent leur président à partir d’un âge beaucoup moins élevé. Selon l'interprétation que le Conseil constitutionnel français fait de la Loi 62-1292 du 6 novembre 1962 (article 3 II) et du Code électoral (article L.O. 127), l'éligibilité est reconnue au candidat ayant atteint l'âge de 23 ans révolus. L'âge minimum autorisé pour être élu à l'Assemblée nationale ne peut qu'être la norme applicable aux candidats à l'élection présidentielle. Ainsi, en 2002, Olivier Besancenot s’est porté candidat pour le compte de la Ligue communiste révolutionnaire à 27 ans. Pour sa part, l’article II-5 de la Constitution des Etats-Unis limite à 35 ans l’âge des américains voulant se présenter à l’élection du président. En comparaison avec la Loi constitutionnelle L.1/97 d’avril 1997, qui fixait le mandat présidentiel à 7 ans, renouvelable une fois, le Gabon semble même être en recul par rapport à lui-même. Est-il moralement permis de laisser croire qu’un Gabonais ou une Gabonaise trentenaires ne soient plus dotés, comme en 1967, des capacités physiques et mentales nécessaires pour prétendre à la fonction suprême ? Et pourrait-on trouver une justification juridique à la grande disparité des âges du candidat entre la France, le Gabon et les Etats-Unis ? Quelle que soit la dimension considérée, aucun élément objectif ne justifie, à mes yeux, le « vieillissement » de la « majorité présidentielle » à 40 ans au Gabon. Le même citoyen qui est élu au Palais Léon M’ba à 33 ans me paraît suffisamment mature pour exercer les charges, pas si extraordinaires, de président de la République. Le Gabon comporte d’ailleurs un précédent glorieux et vivant dans son histoire constitutionnelle. La pérennisation du mandat du président de la République et le « verrou quadragénaire » requis pour l’élection présidentielle sont deux des principaux écrous délibérément fixés sur le moteur de la démocratie gabonaise.

II- Les blocages du processus de démocratisation

L’intéressante étude de Tim AURACHER (Le Gabon, une démocratie bloquée ? Reculs et avancées d’une décennie de lutte, L’Harmattan, Paris, 2001) montre bien comment le jeu politique et le verrouillage institutionnel tendent à bloquer le développement de la démocratie au Gabon. La question du mandat du président de la République, qui y transparaît en filigrane, est au cœur de ce débat. Le mode de scrutin à un tour, adopté en 2003 ; l’élévation de l’âge de candidature et le caractère illimité du mandat ne peuvent profiter qu’à une catégorie restreinte de citoyens. Si ce n’est à un citoyen tout particulier. Les errements d’une telle conspiration politico-juridique sont catastrophiques pour les valeurs d’égalité et d’universalité pourtant proclamées par la Constitution. Alors que la République postule l’institutionnalisation, le système gabonais donne plutôt lieu à l’individualisation de la fonction présidentielle (A) et au danger d’une Constitution taillée sur mesure (B).

A)-L’individualisation de la fonction présidentielle

Le président de la République est devenu le nom d’un homme. La graphie en dit long sur la considération presque paternaliste que la Constitution et les textes officiels accordent à ce nom : toutes les lettres du sigle PR sont en majuscules, alors que la seule lettre capitale doit revenir à la République comme cela se fait dans les démocraties. Notre professeur de Droit administratif nous le fit souvent remarquer, sans qu’on y prêtât réellement attention. Il y a dans cette graphie, un sentiment diffus de traiter d’un homme, au lieu de désigner l’institution que l’individu représente. D’où l’appréhension de certains intellectuels à s’aventurer sur ces questions, qui constituent malheureusement le substratum de toute vie en société. Il est essentiel de rappeler aux gouvernants qu’ils ne sont que les dépositaires précaires et provisoires du pouvoir qui leur est conféré. Ils ne sauraient, en aucun cas, se confondre avec les institutions qu’ils incarnent à titre passager. Qu’un citoyen se fasse la promesse de rester au pouvoir à vie, est son droit le plus absolu. Dans une République et une démocratie pluraliste, les libertés politiques sont reconnues à tous les citoyens. Cependant, que la Constitution et l’éthique politique nationales ne préviennent toute dérive vers les systèmes patrimoniaux est inquiétant pour l’intégrité des institutions et de la vie des Nations. En effet, la rédaction de la Constitution du Gabon laisse à penser qu’elle légitime, a posteriori, le pouvoir des individus.

B)-Le danger d’une Constitution taillée sur mesure

L’un des rudiments que tout étudiant en Droit apprend à l’amphithéâtre est la Constitution. Règle ou plutôt corpus normatif d’où dérivent toutes les autres règles de l’Etat, la Constitution est le régulateur de la vie des institutions et de la société dans son ensemble. C’est pourquoi certains savants des sciences juridiques l’appellent la « Mère des Lois ». Or, la Loi est impersonnelle, générale et coercitive. Elle s’applique à tous ; à l’exception des régimes seigneuriaux qui, selon le droit positif, n’existent pas au Gabon. Comment comprendre que les révisions constitutionnelles n’interviennent qu’à l’orée ou au lendemain d’élections, au demeurant contestées ? Telle est la source du malaise vivement ressenti par tous les observateurs des institutions gabonaises. Les règles réputées générales et impersonnelles ont tendance à s’adapter à la volonté des acteurs politiques, alors que ceux-ci devraient en principe s’y conformer. Dans ces conditions, la sécurité du système juridique devient précaire et l’Etat ne se réduit, en définitive, qu’à la somme de ses gouvernants. Le caractère souple de la Constitution du Gabon et son incapacité à encadrer les faits politiques majeurs sont des agents handicapants pour les valeurs démocratiques et républicaines auxquelles tout Peuple aspire. Le plus consternant est de constater que ce détournement de Souveraineté se fait au nom d’une pseudo stabilité dont le bénéfice ne va pas à la Nation. La limitation des abus de pouvoir contre lesquels la Constitution est censée lutter n’a de réel intérêt qu' au sein des programmes de la Faculté de Droit et des Sciences économiques.

EN CONCLUSION...

En dehors de son habillage cosmétique, j’ai plus que jamais le sentiment que la Constitution du 26 mars 1991 est « une barrière de papier ». Pourtant, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen à laquelle le Préambule de la Constitution du Gabon se réfère prévient en son article 16 que « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ». C’est pour élucider l’autre aspect des systèmes "patrimonialisés" que je m’attacherai à examiner la question de la séparation des pouvoirs dans ma prochaine observation.


Benga NDJEME
Sujet: UN ZESTE DE POESIE: Ode à l'Ogivine
Benga NDJEME

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Rechercher dans: Mon 2e forum   Sujet: UN ZESTE DE POESIE: Ode à l'Ogivine    Mer 18 Juil - 15:44
OGIVINE


Tu portes sur ton grand front convexe
Les tatouages-vecteurs de mon espoir;
Ces Signes qui rient de tout complexe
Et peuplent encore mes pensées ce soir.

Les feuilles de laiton et les lames de cuivre
Qui ornent ton haut visage en bois d’Ozigo
Ne cessent de me guider et de me suivre
Dans mon exode, à mille lieues de l’Ivindo.

Ogivine, ma voie! Tu es la voix silencieuse
Qui me souffles de douces litanies à Nancy,
Où je communie avec ton allure gracieuse
Pour éclairer la nuit de mon exil, loin du pays.

L’écume barbue des grands fleuves sombres
Qui grondent de colère au cœur de la forêt,
S’évapore des chutes et cascades de l’ombre
Et mousse au fond de mes encriers sans arrêt.

Je chante pour Toi, dans cet épigramme,
L’épopée d’un peuple à la recherche de Gué
Sur les traces de l’antilope de Bissobilame;
Pas à pas, jusqu’aux beaux rivages de la Zadié.

Même au plus profond de mon exode,
Espérance du paradis ou angoisse de l’enfer,
Mon âme entière est en perpétuel synode
Avec Toi, Femme des fleuves; Femme de Fer!



Benga NDJEME
Sujet: BELINGA, MA SOEUR...
Benga NDJEME

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Rechercher dans: Mon 2e forum   Sujet: BELINGA, MA SOEUR...    Mer 18 Juil - 15:41
Belinga !


Pousse ton bébé d’un milliard de tonnes
Du fond de ta montagne humide et touffue
Pousse ! Pousse du mieux de ta colonne
Vertébrale cette enfant raide et joufflue.


O Belle-Inga ! veuve et orpheline
Sanglotant à tue-tête dans de hauts vallons
La layette rangée dans la crinoline
Et le ventre tendu comme un gros ballon !

Si gros qu’on t’impose une césarienne
Dans une vaste clinique à ciel ouvert
Pour en finir avec cette arlésienne
Des gisements de fer chantée par les piverts.

Ton enfantement par césarienne
Répand tes hurlements au-delà des forêts
Que les vents d’Afrique sub-saharienne
Les colportent dans les salons et cabarets.

Ces exhalations du fond de la terre
S’échappent bien de ton ventre pointu
Où se contracte ton fœtus de pierres
Dont les organes vitaux sont déjà vendus.

Travail interminable d’une grossesse
A risque qui pollue le lit de l’Ogooué
Par le flux d’une étreinte sans tendresse
Flux amniotique millénaire et pourpré !

Elle n’est ni l’Amazonie ni le Gange
Mais l’artère où coule notre plasma noir
Est l’univers des bonnes fées et des anges
Qui transforment ses tourbillons en entonnoirs.

Des forgerons et artisans anonymes
Ayant sculpté en enclumes tes flancs rocheux
Le désir de création qui m’anime
Est le noble héritage de nos aïeux

Ton fœtus palpitant sous l’épaisse masse
De terre brûlée entend un grand bistouri
Avancer d’un pas sûr dans la biomasse
Qui l’a si longtemps protégé et tant nourri

Que tu n’enfantes pas sous péridurale
Est une brutale et douloureuse idée
Mais l’épanchement de tes eaux minérales
Est un drame pour tes divines orchidées.

Et malgré ta vaine et amère complainte
Les hommes font corps avec arbres et rochers
Mais qui Grand Dieu peut-il bercer nos craintes
A défaut d’avoir un guide ou même un Cocher ?


Tu t’apprêtes à donner en sacrifice
L’éclat de Mars qui flotte en apesanteur
Dans ton ventre rayé de longues varices
De métal torsadé par tes profanateurs ;

Mais tu t’apprêtes à livrer à ce monde
Tes toiles de montagne en camaïeu
Qui puisent dans leur argile féconde
L’énergie dont tu brilleras de mille feux.

Grimé d’ocre et de charbon dans tes entrailles
Ton fœtus se recroqueville en ton sein
Ce fruit juteux d’hématite tressaille
Si fort qu’un gros calcul s’est logé dans mes reins.

Un gros calcul ? Que dis-je ? une pièce
Arrachée à mon âme le débris d’un cœur
Brisé par la naissance de ma nièce
Et la souffrance solitaire de ma sœur.

O misère ! Misère de ce supplice
D’une Mère opérée sans anesthésie
Pendant que l’écho des Monts se fait complice
Des malheurs de cette maternelle agonie !

Faut-il que ma Sœur enfante dans la honte
Et que son sang nourrisse un sol sans bonheur
Ou qu’il émerge vite un Veilleur des Fontes
Forgées par nos ancêtres pour notre honneur ?

Oh ! hiboux qui hululez au coin des huttes
Quand les palmiers soupirent leurs symphonies
Otez donc vos masques pour mener les luttes
Dont vous chantez en pleine nuit les litanies !

Seigneur mes chants sont-ils donc si inutiles
Que ma voix se perd dans les cris des perroquets ?
Toi qui donnes joie à la femme stérile
Fais de nos larmes le vin d’un heureux Banquet !

Toi qui parles aux forces de la nature
Comme un Maître parle à ses étudiants
Fais de nous un mot de ta sainte Ecriture
Pour nous aider à vivre en dignes mendiants

Au pied du Mont d’où jaillissent les fleuves
Des Statues au sang chaud couchées dans des divans
Hument les fleurs qui inspirent leur effluve
Des jardins parfumés de Mvadi et d’Ovan

Parce que tu es notre Seigneur et frère
Lève de leurs divans tous ces Géants couchés
Qui sont tombés en t’adressant leurs prières
Donne-nous la force de vivre avec nos péchés.

O Belinga je porte en bandoulière
Ton nom gravé dans ma tête de bélouga
Je l’emporterai jusqu’au cimetière
Gavé de manioc et de rutabaga.



Benga NDJEME
Sujet: STRANGE FRUIT
Benga NDJEME

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Rechercher dans: Mon 2e forum   Sujet: STRANGE FRUIT    Mer 18 Juil - 15:38
Strange Fruit

Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves
Blood at the root
Black body swinging in the southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees
Pastoral scene of the gallant south
The bulging eyes and the twisted mouth
The scent of magnolia sweet and fresh
Then the sudden smell of burning flesh
Here is fruit for the crows to pluck
For the rain to gather
For the wind to suck
For the sun to rot
For the tree to drop
Here is a strange and bitter crop.
(D’après un poème de Abel MEEROPOL chanté par Billie HOLIDAY- “Lady Day”)

Traduction surréaliste et non officielle:

Drôle de Fruit!

Les arbres du Sud nourrissent un drôle de fruit,
Avec leurs feuilles et leurs racines gorgées de sang ;
On y voit un corps noir flotter dans la brise du Sud,
Suspendu aux branches des peupliers.

Une image pittoresque de ce Sud si héroïque:
Alors qu'un malheureux est tout défiguré,
Il plane un doux et frais parfum de magnolia;
Puis, cette soudaine odeur de chair rôtie!

On trouve chez nous ce fruit à nourrir les corbeaux,
Qui prolifère à la moindre la pluie,
Desséché par le vent ;
Et grillé au soleil
Avant d'être cueilli des arbres ;

Voilà une bien étrange et amère récolte !

(Par Arthur Benga NDJEME)
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